Textes et Interviews

Alain Bouaziz - 2013

 Les écarts picturaux de Stéphanie Vialles, lectrice de romans photos 

 

Stéphanie Vialles est ce qu’on appelle un peintre réaliste.

Son travail, bien que d’un style nuancé, est entièrement concentré sur la représentation d’une réalité qu’elle ne cherche pas à trahir. N’étaient-ce ses sources d’inspirations régulièrement puisées dans les images de romans photos, rien ne  la distinguerait d’une copiste. Les agencements ou les découpes séquentielles spécifiques du récit en images, les formats de ses tableaux et les détails qu’elle privilégie, au double sens qu’il peut autant s’agir de figures et de situations que d’un paysage qui les relie en arrière fond, une mesure calculée des contrastes de couleur et de lumière dans un flouté ambiant, en un mot : le confinement esthétique de son style, tout respecte les codes du genre. Sa peinture « c’est des histoires d’amour à l’eau de rose racontées image par image, avec des couleurs flashs et des poses très figées » comme elle dit.

L’inspiration des romans photos apparaît vite cependant comme un prétexte à recomposer conjointement chaque image et ce qui y est mis en scène comme un spectateur déconstruit le film qu’il vient de voir dès la sortie de la salle de projection afin de refaire parler le cinéaste et décoder les jeux des acteurs, voire de réécrire le scénario.

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Entretien MACC - 2007

Entretien de Stéphanie Vialles réalisé par Céline Leturq pour la Macc – Le journal du Petit Chailloux – Fresnes – 2007

 

1-Quel est votre parcours dans le roman-photo : lectures assidues, curiosités adolescentes, collections d’images, ou simple intérêt visuel pour ce type d’épisodes papier qui ont connu une popularité certaine ?

Je suis tombée sur Nous Deux par hasard, j’en ai trouvé une pile près de mon atelier. J’ai tout de suite pensé à mon arrière-grand-mère qui lisait Nous Deux, elle le lisait dans la courette de son immeuble à un petit groupe de femmes qui ne savaient  pas lire. J’imaginais la façon dont elle se réappropriait les scénarios multiples, les fantasmait au besoin, toutes ces histoires d’amour aux intrigues «attendues» mais revisitées par sa voix. C’était troublant de découvrir que Nous Deux existait encore ou même que ça existait tout court. Cette fiction de seconde zone m’offrait d’un coup une réalité et le sentiment que se jouait là un certain désarroi, un dénuement dont les personnages portaient la présence. Ces personnages stéréotypés se chargeaient d’une certaine solitude et projetaient un éclairage inattendu sur le réel.

2-Pourquoi favorisez-vous la technique de la peinture à l’huile pour mettre en place vos modèles ?

La peinture (et en particulier la peinture à l’huile) offre une accroche avec le réel qui est liée à la lenteur même du médium, peindre demande du temps et ce temps permet de prendre toute la mesure de ce qui nous arrive. Je peux travailler sur le long terme par minces couches successives tout en pouvant faire des rectifications à tous moments.
La lenteur produit cet effet d’intensité propre à  penser l’image à l’intérieur du matériau peinture.
L’image en tant que telle n’est jamais au bout d’elle-même, si on se concentre on remarque qu’il y a des angles inattendus. Dans la série Côte à côte par exemple j’ai répété  plusieurs fois une scène dans différents formats pour montrer combien elle devient insaisissable dès que se met en place  l’espace de la  fiction. En fin de compte je tente de saisir ce point de fuite par où l’image échappe, se faufile.

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Bernard Marcadé - 2007

Les peintures que Stéphanie Vialles réalise depuis 2001 se réfèrent pour l’essentiel à l’univers photo-romancé du fameux magazine « fleur bleue » et féminin Nous Deux. Nous ne sommes pas ici dans un processus de citation-détournement à la manière d’un Richard Prince, se réappropriant par la photographie un certain nombre de messages publicitaires, mais plutôt dans une traduction-transfiguration picturale d’images photographiques le plus souvent à caractère fictionnel.

Cette décontextualisation est à cet égard plus proche de la démarche d’un Francis Picabia s’inspirant pour sa série d’œuvres réalistes des années 40 d’images issues des revues de charme de l’époque. Le passage de la photographie à la peinture est ici, de la même manière, décisif. Car c’est bien ce glissement d’un moyen à l’autre qui ouvre un espace à la fois pictural et narratif inédit. Stéphanie Vialles n’a pas de la peinture une conception expressive ; elle ne considère pas non plus qu’il est de son « devoir de peintre» d’inventer de nouveaux sujets, d’ajouter d’autres images dans un monde déjà trop surchargé de représentations. Son approche n’est cependant pas rhétorique et ne relève pas pour autant de « l’art pour l’art ». En dépit de leur caractère apparemment lisse et acidulé, les peintures de Stéphanie Vialles, inspirées par le magazine sentimental, ne sont pas neutres. Ses scènes de couples, indéfiniment répétées et recadrées, finissent par provoquer chez le spectateur un sentiment de trouble. Sans doute, parce que le processus de « mise en peinture » de ces représentations stéréotypées opère une « abstractisation » des sujets qui révèle du même coup la nature « problématique » des images d’origine. 

« Nous deux – le magazine – est plus obscène que Sade » écrit abruptement Roland Barthes dans ses Fragments d’un discours amoureux. Ce n’est pas un bon mot. « Ce n’est plus le sexuel qui est indécent, remarque encore R.B. dans le même texte, c’est le sentimental. » Dans un temps où l’exhibition des organes sexuels a fini par devenir le régime privilégié et banal de la représentation amoureuse, la sentimentalité est dans le même temps devenue le territoire d’une forme d’obscénité contemporaine. « Le sentiment amoureux est démodé, mais ce démodé ne peut même pas être récupéré comme spectacle : l’amour choit hors du temps intéressant ; aucun sens historique, polémique, ne peut lui être donné ; c’est en cela qu’il est obscène. »
 

Depuis un an, les peintures de Stéphanie Vialles se font de plus en plus « minimales », « banales », « sans qualité ». Les scènes de couples, les baisers de romance, sont désormais remplacés par une manière de répertoire des éléments constitutifs de la représentation. Les sujets peints se trouvent réduits aux visages, aux mains, aux yeux… Soumise à la même méthode, répétitive et obsessionnelle, la peinture est éthérée, impersonnelle… La sentimentalité se trouve comme mise hors circuit, hors champ…. À l’exception peut-être de la série  mettant en scène un enfant en pyjama entre deux portes, énigmatique et inquiétant…  Cet enfant grandit au fur et à mesure de l’augmentation du format des peintures… Une dimension de « monstruosité » se dégage pourtant de cette scène apparemment insignifiante …Une monstruosité qui ne s’exhibe pas, qui n’est pas ostentatoire, mais qui s’immisce perfidement au cœur même de  l’ordinaire… Une autre manière de peindre l’obscénité du monde…

Bernard Marcadé

Cécile Marie - 2007

« Depuis 2001, Stéphanie Vialles travaille à l’élaboration d’une série de peinture à l’huile inspirée de l’imagerie populaire. Ces peintures de couples sont tirées du roman photo Nous deux. A partir de ces images stéréotypées, de ces espaces figés et saturés, l’artiste se « ménage des espaces ». Elle recadre, précise, répéte en peinture chaque image jusqu’à ce qu la peinture prenne le dessus. L’utilisation d’images dites pauvres s’inscrit dans un positionnement contemporain. Face à la saturation des images, elle veut « creuser au cœur même de cette asphyxie ». La question n’est pas celle de son rapport à la figuration ou à l’abstraction mais plutôt celui d’une conversation avec l’image. La nécessité s’impose de partir du vocabulaire de l’image pour voir comment l’habiter en peinture. Les tableaux de Stéphanie Vialles sont aussi et surtout des compositions de masses colorées dans lesquelles l’image redevient un élément pictural sur le chemin de l’abstraction. Une fois cette conversation picturale engagée, une nouvelle fiction s’établit. « Nous deux » a cessé de faire image, pour laisser place à son double pictural : le regardeur et le tableau, deux nouveaux acteurs d’une conversation à poursuivre. Nous deux est un autre. »
Cécile Marie, conversations, 2007

Pierre Guislain - 2004

 » Buetti, Prévieux, Vialles : des images si légères « 
catalogue de l’exposition au Havre : « apparemment léger »
Pierre Guislain

[…]
Stéphanie Vialles travaille à partir d’images dont elle ne craint pas d’évoquer elle-même la « nullité », comme dans la série « Nous-Deux » où elle utilise des scènes de magazine de roman-photos. Dans se peintures, l’ensemble des stéréotypes qui constituent ce type d’images est conservé. Des situations banales sont parfois dramatisées par des cadrages qui rappellent ceux du cinéma (dont la forme roman-photo s’inspire directement). L’aspect complètement artificiel, composé, fabriqué de ces images est lié à une sorte de « sur-expressivité » des gestes, des postures, des regards qu’elle s’applique à reproduire dans la peinture. Une des caractéristiques du roman-photos, c’est que tout y semble calculé au plus juste, au plus économique. Rien d’inutile, pas de fioriture, tout doit servir, être fonctionnel. Du coup, ce’st comme si l’image était déjà stylisée. Le travail de la peinture pourrait être d’enlever encore des détails, d’augmenter les masses, faire gagner les aplats de couleur, ceux des vêtements, des fonds, à peine figurés.
Cette « sur-stylisation » qui, d’une certaine façon, accentue encore le stéréotype n’a pas qu’une visée esthétique. Le détail de costume ou dans le paysage n’est utile que s’il permet de maintenir le tableau, et l’ensemble des tableaux dans lequel celui-ci s’intègre, dans une sorte d’équilibre impossible entre le faux et le vrai, et plus précisément peut-être entre le mensonge des compositions et la vérité des gestes.
En effet, dans cette série, Stéphanie Vialles peint sans doute moins des couples que des corps qui se touchent, d’où l’importance des mains. Le fait que les gestes soient déjà dans les roman-photos stylisés, « sur-joués », trop rigides contribue à les mettre en valeur. Ce sont ces gestes complètement apprêtés, artificiellement agencés pour la caméra, et pourtant réels que la peinture doit reproduire, « rendre ».
Dans la série « Nous-Deux », chaque scène est décontextualisée, privée du dialogue, de la légende, de la mise en séquence qui la situe dans une narration. De ce fait, il devient impossible de « lire l’image » autrement que comme une succession de situations où quelque chose est tu, rendu muet. Ce qui permet à l’inquiétude de percer à travers l’anodin.
 
Pierre Guislain

Interview Bruxelles - Stéphane Bureau - 2004

Interview Stéphanie Vialles suite à l’exposition de l’Ecole du Havre
par Stéphane Bureau
Bruxelles, 2004

 

Vous avez participé à une exposition dernièrement au Havre où vous avez présenté un série de peintures qui représentait des couples enlacés, qui se tenaient la main, etc. le titre de la série, c’était les « Nous-Deux ». Pourquoi ce titre ?

J’ai choisi ce titre tout simplement parce que c’était le titre même du journal qui m’a servi de point de départ, dans lequel j’ai puisé mes images… « Nous-Deus »… C’est une revue contenant des romans-photos. Je ne sais pas si vous voyez ce que c’est un roman-photo : c’est des histoires d’amour, à l’eau de rose… racontées image par image… avec des couleurs très flashs, des poses très figées…

Et qu’est-ce qui vous a intéressé dans ces romans-photos ? Pourquoi avoir choisi ce matériau de départ : vous l’aviez recherché précisément ?

Non : c’est le roman-photo qui m’a donné l’idée de faire cette série de couples… une rencontre de hasard donc… Ce qui s’est passé, c’est que j’ai trouvé un pile de « Nous-Deux » à terre près de mon atelier. Je me suis rappelée que mon arrière grand-mère lisait « Nous-Deux »… Ca m’a interpellée, j’ai voulu voir ce qu’il y avait dedans… Je me suis aperçu qu’il y avait tout un code de couleurs, de gestes figés, de comportements codifiés… Ca fait signe… une sorte de langage pictural qui apparaît au premier abord….

 

Vous avez donc voulu travaillé sur ce langage pictural à travers la série des « Nous-Deux » ?

Oui, ça m’a rappelée une grande partie de l’histoire de la peinture. Dans la peinture religieuse ou chez les primitifs Flamands par exemple, les personnages ont des positions très déterminées, des couleurs très codées. La vierge est toujours en bleu, le méchant en jaune et vert, le bon est toujours à la droite, le lis blanc c’est la virginité, etc. La peinture s’est nourrie pendant des siècles de codes et de sujets « déjà-là ». J’ai voulu reprendre ça, mais là en partant du sujet de l’amour aujourd’hui, à travers les stéréotypes des « Nous-Deux »… Ce qui m’intéressait, c’était de voir comment ces stéréotypes déréalisent complètement le sujet, il n’y a rien de réel dans tous ces personnages, ça devient très plat… et finalement comment cette platitude permet d’ouvrir tout un espace à l’imaginaire… invite à réinvestir l’image… Derrière cette platitude, se jouent tout un tas de sentiments… C’est bizarre, mais de l’extrême codification ressort comme une étrangeté, une réalité apparente qui appelle à la fiction… Ca se prête beaucoup à la peinture tout ça…

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Anne Malherbe - 2002

« Stéphanie Vialles – Nous Deux »
Revue « contrepoint » (2002)

Anne Malherbes (2002)

C’est parfois dans la pénombre, hors des galeries de renom et des grandes foires de l’art contemporain, que se fabrique l’art qui doit faire date. Ainsi de la dernière exposition de Stéphanie Vialles. Dans le bel édifice industriel, à Ivry, qui abrite la galerie Trafic, la jeune artiste a profité de la hauteur des cimaises pour déployer « Nous-Deux », sa nouvelle série de peintures, et la mettre en regard avec la précédente. Celle-ci, intitulée « Annonces », mérite qu’on y revienne. Il s’agit en effet de toiles, de formats variés, toutes construites sur le même modèle : les deux tiers supérieurs sont occupés par la représentation d’une habitation — pavillon de banlieue ou château au fond d’un parc —, tandis que le tiers inférieur est simplement couvert de peinture blanche. Le mode de réalisation est simple : prenant ses modèles dans les magasines d’annonces immobilières, le peintre reproduit trait pour trait les photographies anonymes qui y sont présentées. L’espace laissé vide correspond au texte qui accompagne chaque annonce. Cependant, malgré la pauvreté du matériau de départ, la transformation réalisée par la peinture est fulgurante : l’aspect impersonnel de la maison de départ devient mystère, comme si la peinture arrachait la demeure à son statut de bien de consommation et, la mettant à distance, la rendait étrangère, aussi bien qu’étrange — libre à chacun de faire vaquer ses rêves dans l’espace laissé blanc.
La nouvelle série obéit à peu près au même principe. Cette fois, les sujets sont pris dans « Nous-Deux ». Chaque toile présente en effet un couple à l’allure typique du roman-photo : l’homme, brun, se penche avec un geste protecteur vers la femme, blonde, ou bien ils s’embrassent, ou encore la femme se détourne, les yeux humides. Tous deux sont beaux, bien habillés. Plusieurs toiles s’arrêtent sur le même couple : tantôt dans des postures différentes, tantôt avec un cadrage qui les montre en buste ou bien découpe leur portrait. La touche employée par l’artiste est suffisamment lisse pour dépersonnaliser l’œuvre : on se situe ainsi dans la droite ligne du Pop Art ou de la Nouvelle Figuration, mais aussi au beau milieu de ce courant plus général qui veut voir l’art imprégné des images qui abreuvent incessamment notre regard. Mais il y a un certain pouvoir de fascination de ces figures qui leur interdit d’être simplement le calque de l’image d’origine. L’estompage que le pinceau fait subir à la peinture, ainsi que le fond neutre — parfois vide, parfois constitué d’une ligne d’horizon — dont les figures se détachent, ôtent à celles-ci l’évidence du cliché prêt-à-regarder, et les font vaciller : on se demande ce que, flottant dans l’espace indéfini du cadre, elles viennent nous raconter. Comme beaucoup, Stéphanie Vialles fait de sa peinture une interrogation : quel rapport entretenons-nous avec ces images pauvres qui sont notre lot quotidien ? Un travail d’intellectualisation, qui est le propre de l’art actuel et aussi, par la même occasion, le fer de lance de ses détracteurs, se met en marche : on ne se contente plus de goûter ce qu’on regarde, mais on cherche à lire l’image qui nous est proposée. En réalité, l’intérêt de la peinture de Stéphanie Vialles, c’est qu’on la questionne moins qu’on ne se laisse mettre en question par elle. La composition, la ligne, la touche, les couleurs — tout ce qui, en somme, constitue l’art de peindre —, c’est à cela que s’en remet le regard qui se promène d’une toile à l’autre, et c’est cela aussi qui fait l’indépendance de l’œuvre et crée sa force de suggestion.
A la différence, cependant, de la série des « Annonces », dans laquelle chaque toile se suffit à elle-même, « Nous-Deux » se saisit mieux si l’on regroupe toutes les peintures issues d’un même modèle : voir un même couple cadré et disposé différemment, c’est revivre ce que subit chaque jour le regard, assailli de clichés, mais ceux-ci métamorphosés par l’art. La série paraît donc faite pour être appréciée dans l’espace vaste de la galerie. L’art contemporain : art de cimaise, art presque déjà de musée. Est-ce véritablement gênant ? Non, car cela incite à penser l’art non pas seulement comme une affaire de collectionneur, mais d’abord comme l’affaire de tous.

Anne MALHERBE

Jean-Luc Chalumeau - 2000

Exposition jeune Création  – 2000

Regard critique  de   Jean-Luc Chalumeau

                             sur  Stéphanie Vialles                       

 

Jean-Luc Chalumeau est critique d’art et rédacteur en chef de Verso Arts et Lettres. Il enseigne à l’université de Paris VIII.

 

Stéphanie Vialles est née à la peinture en un temps de dénégation générale de la peinture. Cette une originalité qu’elle a choisi d’assumer en toute conscience : elle est résolument peintre, quand bien même serait-il vrai qu’il « n’y a plus rien à peindre ». Car, aggravant son cas pour ceux qui pour qui la peinture est archi-morte, c’est la peinture figurative qui l’intéresse. Stéphanie Vialles pose avec acuité la question du sujet. Selon les apparences, stéphanie Vialles peint par séries des pavillons de banlieue ou des résidences plus cossues. Notons qu’en grand ou en petit format ces maisons sont « bien peintes » (comme on ose plus le dire de peur de nuire à la réputation de l’artiste).

On devine qu’en constatant que les « sujets » de la peinture de Stéphanie Vialles sont des maisons, je n’ai certainement encore rien dit. En effet, chaque tableau comporte deux parties : la supérieure est la représentation d’une maison, l’inférieur est un rectangle clair – un monochrome – de surface généralement inférieur à celle de l’autre partie. Ces rectangles clairs, espaces « abstraits », correspondent très exactement à la partie texte des annonces immobilières des hebdomadaires (voyez les « résidences et châteaux » présentés à l’avant-dernière page du Nouvel observateur) et journaux spécialisés qui ont servis de modèles à l’artiste.

Des annonces donc, qui justifient le titre de la série des peintures de stéphanie Vialles présente à « jeune Création ». Bien entendu, pas « d’effet d’annonce » ici, mais plutôt confidence d’une double certitudes : 1) en peinture, le sujet est parfaitement indifférent, 2) en peinture, tout est affaire de dissimulation. Car la vraie peinture ne parle jamais directement de ce dont il est question ( de Vélasquez à Garouste , tous les peintres nous le rappellent). Mais alors de quoi est-il question dans les annonces de Stéphanie Vialles ? Elle ne vous le dira pas : ses peintures sont là pour répondre à sa place, indirectement.